dimanche 4 janvier 2009

Jour 28 (02 Janvier), de Sawai Madhopur.

31 décembre
Bundi. Cette ville est l'Inde de nos rêves. Les magnifiques constructions - le fantastique palais accroché a la colline et le fort imposant, temoins de la grandeur passée des Rajputs -, les maisons colorees, le son des prieres, les petits temples a chaque coin de rue, l'effervescence du marche aux legumes, les odeurs des epices, la pauvrete materielle (relative) qui devient en fait une modeste simplicité, la richesse et la generosite des coeurs, la fierte des sourires, le juste compromis entre tourisme et authenticité, tout cela donne au lieu un charme plus irresistible que tout ce que j'ai vu auparavant.
Je visite d'abord le palais, puis monte jusqu'au fort (et cette fois je me coupe moi même un baton, pas question de "louer", même pour 0,05 euros !). Ce fort est constitué d'un rempart entourant le plateau au sommet de la colline dominant la ville - quelquechose comme 1,5km de peripherie - et de divers batiments : anciennes habitations, tours de garde, imposants bassins / reservoirs appeles baoris... Certaines parties sont en ruine, d'autres sont etonnamment preservees, on y trouve même des peintures murales aux couleurs encore vives. Je fais le tour du fort, puis me ballade de salle en salle, ca sent la crotte et l'urine animale (de singes donc), les arbres poussent au milieu des cours, les lianes montent les escaliers... Bref, la nature reprend ses droits. Des singes, il y en a des centaines. Les "culs rouges", plutot tranquilles et assez discrets avec leur couleur de terre brun clair, et les "gueules noires", plus grands, plus élancés, restant plutot en groupe mais plus actifs (voir plus agressifs... et les petits sont de terribles acrobates!). Ces gueules noires sont tout d'abord rassemblés aux extremites est et ouest du fort, mais a la tombee du jour, ils descendent vers le palais, puis jusque dans la ville pour chaparder tout ce qu'ils peuvent. Ne pas laisser ses chaussures ou chaussettes a l'exterieur devant sa porte de chambre...
En me promenant ainsi dans ces vieilles ruines, je m'attends presque a voir King Louis troner au milieu au milieu d'une salle, et m'offrir 2 bananes... "Serrons-nous la main, hey, cousin..."
Les ecureuils et les perruches vert fluo sont les autres habitants du fort : je ne croise pas plus de 20 visiteurs de tout l'après midi.
J'adore vraiment cet endroit, qui gagnerait finalement a ne pas etre trop connu.
Pour couronner le tout, je passe un reveillon bien festif, en compagnie de Pascal et Catherine, un couple francais voyageant également en Enfield (le modèle 500cc a demarreur electrique... tricheurs!), Nathalie et Christophe et leurs jeunes enfants Perle et Achile (6 ans, la mascotte de la Guest House!), 2 autres francaises Fanny et Manon, puis un couple de Suedois - fans de Harley Davidson, le mec etant également le createur du site web de la Guest House - et 3 etudiantes espagnoles de Valence, qui se feront prendre en photo le lendemain pour apparaître dans le journal local! Et bien sur, les chefs d'orchestre de cette soiree sont les tenanciers de la Guest House, les 2 freres Montu et Tumpi (28 et 26 ans), et leur petite soeur, la petillante Pinky (24 ans, parlant un tres bon francais). Avec leur mere, ils nous preparent un succulent thali de reveillon, puis c'est parti pour bonne bouffe, musique - il y a eu du Janski a Bundi ! - discussions animees (sur anecdotes de voyage, escalade, medecines alternatives, plongee, experience de la culture indienne, le tout alimente par qqs de bieres Kingfisher), feux d'artifice et enormes petards qui en reveilleraient King Louis.
Je pense après coup que j'ai d'autant plus apprecié ce lieu a part qu'est Bundi que la Shivam Guest House etait de loin la plus accueillante - les hotes ne sont pas avares en embrassade, en curisosite, en blabla et en conseils pratiques pertinents - et que j'etais en excellente compagnie.

Une fois la fête terminee, on decide avec les 2 francaises d'aller voir Bundi by night : il n'est que 1h, des fois qu'on puisse s'inviter dans une autre fiesta... Forcement, c'est un peu mort, mais on tombe quand même sur un cafe (en fait juste une terrasse de 5m carre maxi, au 2ieme etage d'un coin de rue), qui envoie de la musique indienne - et forte par consequent. Quelques indiens passablement emeches - voir completement HS - et excites (mais dans le bon sens du terme) essaient de motiver a danser qqs hollandais plutot calmes. On se plie au truc pendant 30 min, on boit une derniere biere - ben oui, on avait fini toutes celles de Shivam... sacrés francais! - puis tout le monde remballe. On tente une derniere chance dans le jardin d'une guest house, ou 2 americains apathiques devant un brasero nous souhaitent une timide bonne année avant d'aller se coucher. De retour a Shivam, je m'apercois que j'ai oublie mon telephone, avec lequel je devais appeler Montu pour qu'il nous ouvre la porte. Il est 2h. Hahaha. Certaines choses ne changent pas... Donc après 15 min de lançage de cailloux dans les fenetres, de cris, d'essayages de crochetage de fenetre, d'escaladages vains et de reveillage de voisins, le pauvre Montu se leve et nous permet de regagner nos chambres... Et sinon, bonne année...

01/01
Desireux d'aller voir les chutes d'eau naturelles a une 30aine de km de Bundi, Montu et moi prenons nos motos pour s'y rendre en tout debut d'après midi et emmenons du coup les 2 francaises en passager. Le site est tres chouette, il y a une cascade tombant dans un bassin : baignade (elle n'est pas vraiment froide, mais tres vivifiante quand meme...) et grimpe sur les rochers. Alors qu'il n'y avait que 3 locaux en train de se laver a cote du rocher ou l'on se pose en arrivant, ils sont bien une 30aine pour regarder, sans s'en cacher, les filles sortir de l'eau, et esperer apercevoir (en vain!) un bout d'epaule ou de mollet dénudé... Sacrés indiens!
Pour rentrer, il y a une session tout-terrain bien bien chaotique. Note pour plus tard : la garde au sol de la Bullet ne permet PAS de passer une voie ferrée. Le reste de la route du retour alterne collines desertiques et plaines verdoyantes, eclairees par cette lumiere particuliere du coucher du soleil. Que l'annee 2009 soit aussi belle que cette premiere journee!

02/01
Adieux dechirants a Montu, Tumpi, Pinky et leur mere. Et c'est reparti, on the road again to... Ranthambore National Park, pres de Sawai Madhopur. En effet, on dit que Sherkhan, le tigre! serait de retour dans la jungle. Baaaaaagheeeeeraaaaaaa !!! Donc je tente ma chance de voir le grand rayé dans ce parc reputé ou se trouveraient encore 30 a 40 felins. Et surtout, je ne suis pas motivé pour retourner dans l'enorme ville de Jaipur. Montu m'avait conseille le Dev Palace ici a Sawai, et je ne suis pas decu : la propreté de la salle de bain n'a d'égal que la douceur du prix de la nuit. Et miracle, je ne me perds pratiquement pas en arrivant a Sawai, en appliquant la technique statistique du "je demande mon chemin a chaque carrefour". J'arrive en debut d'après midi, ca me laisse le temps d'ecrire cette tartine. Donc demain, safari a 6h30, puis a 15h. Je prevois - peut-être - de retourner a Delhi d'une traite le surlendemain (320km, mais des grands axes en bon état).

Les 60 premiers de km de la route d'aujourd'hui, entre Bundi et Lakheri - sont vraiment defonces. Cette quasi-piste longe une colline escarpee tout du long et traverse des zones rurales reculees : peu de vehicules mais beaucoup d'hommes et d'animaux! Dans chaque village, on me salue, du coup j'anticipe et fais aussi signe a chaque fermier, marcheur ou cycliste que je croise : ils me repondent alors avec un sourire jusqu'aux oreilles. J'aurais aime avoir 1 semaine pour faire ces 60km, et m'arreter a chaque requete d'un villageois a la bouille rejouie, mais bon, a 30km/h de moyenne, je ne suis pas rendu... Et quand je m'arrete prendre 1 ou 2 cliches, en moins d'une minute c'est la ruee des gamins, bien propres dans leur chemise d'ecoliers. En traversant ainsi le Rajasthan profond, je me dis que le touriste pressé (que l'on est souvent par obligation) qui fera la boucle Delhi-Agra-Jaipur aura eu une vision bien limitee de l'Inde, voyant certes des splendeurs de pierre, mais la salete et la pollution des villes, et le mepris voir l'agressivite de la plupart des rabatteurs et autres conducteurs de rickshaws misereux et souvent aigris.

Pour finir cet article a rallonge, un petit mot sur la moto, qui marche au poil, et demarre même au premier coup de kick depuis 3 jours, quelle que soit la temperature du moteur. ô joie. Il faut croire qu'elle voulait me montrer que ce n'etait pas gagné d'avance et qu'elle se meritait, mais maintenant qu'on se connaît bien, on se supporte mutuellement et ca y va. Je ne la traite plus de gourdasse et elle ne me fait plus de flat spot a l'allumage. Après une session maintenance dans la cour de l'hotel, l'"employe a tout faire" me demande s'il peut la laver. Surtout pas, malheureux! Elle est bien dans son jus, elle suinte l'huile du bloc moteur, de la boite et de l'embrayage, elle a de la boue jusqu'aux clignotants, mais je me dis qu'elle est mieux comme ca, dans son état "indien"...

Bonne année a tous.

3 commentaires:

Janski a dit…

oh le passage sur la moto il est mortel !!!!!! un vrai regal

sans déconner du janski a bundi alors ils ont aimer ou quoi ???????

des bises mon fré

Krej a dit…

Héhééé, je t'entends encore le soir du 31 de là-bas, c'était quand même bien bon de te causer même si ce fut court... ;)

L'Inde semble avoir laissé ses traces sur toi, mais plutôt des traces positives, de chaleur humaine, de rencontres et de coins qui se méritent, c'est cool.

Que le reste du voyage te soit aussi profitable que ce quasi premier moi mon pote !

J't'embrasse mec et encore bonne année !

dany a dit…

privée d'internet,de ton blog et de facebook pendant une semaine ça a été dur!!ce soir le plaisir de te lire est donc immense;en plus tu écris tellement bien qu'on s'y croirait!!quel bonheur toutes ces rencontres!
bonne route mon gars
bises
mum